MOURYA
Le Pouls du Niger

Lutte contre le terrorisme: Les leçons du drame de Seytenga !

Quelques jours après le terrible drame qui a frappé le Burkina Faso à travers le lâche assassinat de plusieurs dizaines d’habitants du village de Seytenga, le pays des hommes intègres n’a pas fini de pleurer ses morts. A côté des larmes, les interrogations et les inquiétudes sont loin d’être dissipées même après la visite du président Damiba dans la zone. Et la revendication du massacre par l’EIGS ne vient pas arranger les choses. Le pire est peut-être à venir. Selon un audio en cours d’authentification, le groupe Etat islamique au grand Sahara (EIGS) a revendiqué le massacre de Seytenga intervenu du 11 au 12 juin dernier. L’EIGS explique dans ce document sonore que cette attaque est un acte de représailles contre les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), une milice d’auto-défense proche du pouvoir) du village, qui attaquent régulièrement les positions des terroristes. Pour rappel, selon de nombreux témoignages recueillis, les terroristes avaient fouillé toutes les maisons à la recherche des hommes qui étaient systématiquement et froidement abattus. Les femmes et les enfants ont été épargnés dans cette virée sanglante des illuminés. Cette expédition punitive de l’EIGS repose la question de la mise en place des milices d’auto-défense dans les villages sahéliens en butte au terrorisme. Faut-il continuer à armer les populations ? Quels sont les mesures d’accompagnement à mettre en place pour éviter la vulnérabilité criarde des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ? Comment autoriser la création de milices dans des zones où l’autorité de l’Etat est quasi inexistante ? Ce sont là, autant de questions que les décideurs politiques se doivent de poser afin d’éviter la réédition du carnage, qui a eu lieu à Seytenga. Face à la recrudescence de ces descentes de terroristes dans les villages sahéliens pour perpétrer des massacres contre les populations civiles soupçonnées d’aider les milices d’auto-défense, les Etats sahéliens se doivent de mener des réflexions en impliquant tous les acteurs de la société de manière inclusive afin de trouver une solution idoine définitive à cette situation. Plus que jamais, seule la présence effective des armées nationales dans les zones sensibles, pourrait permettre de mettre fin à l’hécatombe. Ce qui passe par un renforcement des effectifs des armées de la sous-région à travers des nouvelles lois de programmation militaire. La mise en place des milices d’autodéfense met les populations en première ligne d’un combat qui doit en principe être une prérogative exclusive des armées nationales .

G.A

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