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Mali: Ainsi, Assimi Goïta peut devenir un président civil !

Que la durée de la transition soit revue à la baisse, comme le voudrait la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ou maintenue aux deux ans supplémentaires pour lesquels se bat le pouvoir kaki de Bamako, le colonel Assimi Goïta, lui, aura atteint son but. En effet, la nouvelle loi électorale, même dans sa version passée au filtre du Conseil national de la transition (CNT), pourrait ouvrir les portes du palais présidentiel de Koulouba, au chef de la junte militaire, non plus en treillis militaire mais en boubou bazin du civil bon teint. Le double putschiste aura alors bénéficié de cette disposition de la nouvelle loi électorale qui permettra aux militaires actuellement au pouvoir, si elle est promulguée, d’être candidats à la prochaine élection présidentielle. Il leur suffira juste d’avoir déposé leur démission au niveau de l’armée, quatre mois avant l’échéance électorale. Le colonel Assimi Goïta, a encore une autre opportunité de revenir dans son fauteuil de président du Mali, grâce à la charte révisée de la transition, qui stipule que dans le cas de vacance de présidence de la transition, «pour quelque cause que ce soit», c’est le président du CNT qui prend la clé de la maison. Donc dans l’un ou l’autre cas, le pouvoir demeure dans les mains des autorités actuelles de la transition politique malienne. En tout cas, c’est un secret de polichinelle, tout est fait par le colonel pour prolonger son séjour sur le fauteuil présidentiel, débarrassé de son béret et de sa vareuse, pour se redonner une virginité par les urnes. Toute voix discordante de celle de la junte militaire étant systématiquement étouffée, par la force ou tout autre moyen, ce n’est pas à quelque 120 jours de l’élection que d’autres leaders ou partis politiques pourront sonner le tocsin autour de leurs idéaux. Il ne suffit pas de se déclarer candidat pour espérer gagner les élections, surtout quand la junte militaire ne laisse aucune chance à quelqu’un d’autre. Tout est verrouillé et sous contrôle par ceux qui ont bâti leur popularité, pour ne pas dire leur populisme sur le sentiment anti-occidental, et la propagande sans limite autour de victoires pour la plupart factices contre le terrorisme. Dans la réalité, les attaques armées n’ont jamais cessé d’endeuiller le Mali, qu’elles soient meurtrières à moindre degré, ou en masse comme celles perpétrées contre les paisibles populations des villages de Diallassougou, Dianwélé, Deguessagou et environs dans le Cercle de Bankass. Ces assauts attribués par le gouvernement de transition à la katiba du Macina de Amadou Koufa, avaient fait, officiellement 132 morts, mais des centaines selon des sources non officielles. Pire, la menace terroriste se greffe aux exactions menées contre les populations civiles par des éléments des Forces armées maliennes (FAMa), atteintes dénoncées par la MINUSMA et les organisations de défense des droits de l’homme. Toute chose qui fait le lit de la dégradation sécuritaire au Mali. Pendant que les populations civiles se font massacrer, les militaires qui ont en charge leur défense courent derrière le pouvoir. Pourtant, ces mêmes putschistes avaient justifié leur irruption sur la scène politique, entre autres, par la recrudescence des attaques armées. Le Mali va mal, même si, pour soulager le peuple, les regards sont tournés vers la CEDEAO, dont une réunion au sommet est prévue pour début juillet. L’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, a déjà repris son bâton de médiateur pour le Mali, où il a longtemps nagé dans les eaux du Djoliba troublées pas la mauvaise foi de la junte militaire .

MOURYA, LA VOIX DU NIGER 

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