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Nation: Si l’indépendance du Niger m’était contée

Les Nigériens commémorent ce 18 décembre la fête de l’accession à la souveraineté nationale et internationale. Mais savent-ils seulement que cette liberté fut précédée d’âpres luttes tant à l’intérieur du Niger qu’à l’extérieur, notamment contre l’ex-colonie, la France ?

Comme sous d’autres cieux de la sous-région (Sénégal, avec Senghor et Dia), Côte d’Ivoire avec Houphouët et l’éphémère Kragbè Gnagbè, puis Gbagbo), au Niger, le landerneau politique était occupé par 2 figures totémiques que furent Hamani Diori et Djibo Bakary qui se vouaient une rivalité inextinguible. Le casus belli qui signa le clash définitif entre les 2 hommes fut le décret de 1959 qui dissolva le Sawaba de Djibo Bakary, tandis que les députés de l’Union pour la communauté franco-africaine (UCFA) firent chorus derrière le PPN, contraignant Djibo a un exil forcé. L’avènement du quasi-parti unique venait de voir le jour, même si Hamani Diori et Boubou Hama constituaient un attelage avec le second comme président de l’Assemblée nationale durant 3 législatures. Bisbilles entre hommes politiques, mais aussi quelques tambouilles avec la Libye au sujet du plateau Mangueni, et avec le Benin relativise à l’île de Lété. Surtout les relations s’étirèrent avec la France sur l’uranium et sur l’affreuse guerre sécessionniste du Biafra, soutenue par Houphouët en Côte d’Ivoire et la France sur fond d’une famine meurtrière, terreau plus que favorable pour le pronunciamiento du Lt-cl Seyni Kountché, chef d’État-major depuis 6 mois à peine, poste qu’il eût  grâce à l’insistance d’un ami de Diori.

Puis ce sera autour d’un autre chef d’Etat-major, Ali Saibou de succéder à Kountché le 11 novembre 1987, un Saibou qui instaura conférence nationale souveraine et géra les affrontements entre réfugiés Touaregs.

Mars 1993 : A la présidentielle, le leader du CDS, Mahamane Ousmane rafle la timballe avec comme premier ministre Hama Amadou. L’assemblée nationale qui fut dissoute entre temps, n’était que la partie visible d’un bras de fer, qui obligera le colonel Ibrahim Baré Maïnassara (IBM) à perpétrer un coup d’Etat le 27 janvier 1996, instaurant la IVe République, qui fera long feu puisque 3 ans après, celui que certains nigériens appellent le « boucher de yelou », Daouda Malam Wanké s’emparera du pouvoir, en enjambant le cadavre d’IBM. Novembre 1999, un autre colonel Mamadou Tandja, qui fit tomber le treillis, à la tête du MNSD-Nassara sera élu président avec 60% des suffrages. Son dur désir de durer au pouvoir, lui dictait un autre mandat, de trop, le fameux Tatzarché et voici venus les jours de Salou Djibo, un autre militaire-démocrate, celui-là, puisqu’il dirigera la transition, et organisa des élections avec une nouvelle constitution adoptée le 31 octobre 2021. Mahamadou Issoufou, le cornac du PNDS, sera élu au second tour le 12 mars 2011 face à Seyni Oumarou du MNSD, « le lion » de Tahoua fera 2 mandats et c’est son compagnon de 30 ans Mohamed Bazoum qui lui succèdera via les urnes le 21 février 2021 face à Mahamane Ousmane (55, 75% contre 16,99%).

Revenons à l’indépendance. Le 3 août 1960, le  Niger huma l’air de cette indépendance sous Hamani Diori. Djibo Bakary y était opposé. Francophile et Francophone, (le 1er sommet de la Francophonie se déroulera au Niger), Diori fut pourtant de par ses principes et son patriotisme, un poil à gratter de la France. En ce 61 anniversaire, en ce jour faste où mes Nigériens se sont retrouvés à Diffa pour le commémorer, il est de bon ton de se souvenir de tous ces héros, de vénérable mémoire, qui ont crapahuté pour l’indépendance du Niger, pour que leurs compatriotes puissent se sentir libres. Reste à conquérir l’indépendance économique, et actuellement celle sécuritaire. Un combat de tous et pour tous .

 Mahamadou DanKan

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